Les femmes victimes de violences accueillies à Aurore témoignent pour aider d'autres femmes

A l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes  du 25 novembre, nous avons rencontré les femmes accueillies au centre Suzanne Képès. Elles témoignent de la vie après le départ, de leur vie qui se reconstruit.

 

Événement rare, les femmes accueillies au centre Suzanne Képès reçoivent. En effet, dans ce service spécialisé dans l’accompagnement de  femmes victimes de violence, il est plutôt exceptionnel qu’un « étranger » puisse entrer ; mais… nous sommes de la maison. Nous venons à trois, pour rencontrer ces femmes que les violences physiques ou psychologiques ont réuni dans ce centre d’hébergement spécialisé. Pour l’occasion, elles nous ont préparé un repas gargantuesque et  cosmopolite avec poulet épicé, plats tunisiens et aubergines à la turc. Pourtant, l’objet de notre visite n’est pas vraiment festif… Nous sommes venues recueillir leurs témoignages et leurs conseils, à l’adresse des femmes qui voudraient, elles aussi, s’extirper de cette violence.
Pour des raisons  de sécurité, les prénoms ont été changés.

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Les femmes accueillies au centre Suzanne Képès disposent d’un studio individuel.

> Une fin d’après-midi au calme, discussion intime avec Victoire, dans la salle commune du centre Képès 

Victoire : « L’aide, on ne la trouve pas en déposant plainte« 

Lorsque nous arrivons, seule Victoire est présente. Elle discute avec Catherine sa référente. « Je suis très proche de Catherine, on parle de tout et de rien« , explique-t-elle quand l’éducatrice quitte la salle. « Alors, il va y avoir de la presse ?« , questionne-t-elle, légèrement anxieuse à l’idée de témoigner auprès de journalistes. Nous la rassurons, il n’y aura d’interview qu’avec les femmes qui le souhaitent et en prenant toutes les précautions nécessaires (voix changée, visage caché…).

Victoire est maintenant hébergée depuis 3 ans au centre Suzanne Képès. Lorsqu’on lui demande ce dont elle se rappelle de son départ, elle nous répond immédiatement : « Ça a été l’horreur, si j’avais su je n’aurais pas fait les choses comme ça… » Son histoire est quelque peu atypique : dès les premières violences, après seulement 3 mois de relation, Victoire décide de quitter son compagnon. « Malheureusement, ça a duré un an avant que je ne sois à l’abri« . A l’époque, Victoire est hébergée en hôtel et son compagnon la suit partout, épie ses moindres faits et gestes, entre sans cesse dans des crises de jalousie qui versent dans la folie. « Je suis allée plusieurs fois au commissariat : c’est très difficile car lorsqu’on dépose plainte, on est choquée, déboussolée, c’est dur d’être cohérente. Je pensais que ça déclencherait une aide, mais la police n’est pas là pour aider les victimes, elle est censée arrêter les délinquants. La réalité c’est que mon ex n’a même pas été inquiété. Après la plainte, je suis rentrée chez moi, lui est resté en liberté. Et l’on ne m’a proposé aucune protection. Il a fallu que mon assistant social fasse jouer son réseau pour que je sois finalement hébergée dans un centre spécialisé et sécurisé. » Elle reste quelques mois dans un premier service, puis quelques jours dans un autre très peu adapté puisqu’il se situe à deux pas d’un lieu où son ex a ses habitudes. C’est donc un an après les premiers coups que Victoire arrive au centre Suzanne Képès :  » Je ne suis pas sortie de ma chambre pendant presque 6 mois. Je ne faisais que dormir. » Petit à petit, Victoire reprend des forces physiques et psychologiques. Elle réussit à sortir du centre, à faire ses courses seule : « On est comme dans un cocon. Il y a des veilleurs la nuit et le samedi, des éducateurs la semaine en journée et le dimanche. Il y a toujours quelqu’un. Dès qu’on a un souci on descend les voir. Mais eux respectent notre vie privée et ne viennent jamais dans nos studios, sauf si on les invite à venir boire un café« , explique-t-elle avec un sourire. Faute de pouvoir travailler, Victoire s’engage dans des ateliers transversaux proposés par Aurore, comme un atelier photographie ou un projet européen sur la citoyenneté des personnes accueillies. Victoire est aujourd’hui prête à partir, cela fait même plusieurs mois, mais faute de place en structure ou en logement social cela fait longtemps qu’elle attend : « Maintenant, j’ai besoin de passer à autre chose, d’oublier tout ça, d’avancer. »

Ce qu’elle voudrait dire aux femmes victimes de violences : 

« Il faut absolument vous préparer ; à prendre votre décision d’abord, en allant voir un psychologue par exemple. Puis il faut préparer un maximum votre départ : planquer des papiers chez des amis, régler le maximum de questions administratives avant et entrer en contact avec les associations qui pourraient vous héberger.
Un dernier message, à l’adresse des pouvoirs publics : il faut mettre en place un dispositif d’extraction pour qu’une fois que la femme a porté plainte, elle soit mise à l’abri ou qu’elle dispose au moins d’un interlocuteur qui puisse réagir s’il lui arrive quoi que ce soit. »
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> L’arrivée des enfants et de leur maman

 

Aïcha: « Videz votre compte, faites le plein et partez ! « 

Il dégage d’Aïcha une force, une  chaleur et une sérénité telles qu’on se demande comment son ancien compagnon a pu prendre l’ascendant sur elle. Ses trois enfants arrivent au compte goutte dans la salle du rez-de-chaussée. Le grand, calme et réservé, se poste devant l’ordinateur. Sa benjamine s’assoit sur l’un des canapés. Elle se trémousse pour regarder par dessus l’épaule de son frère, tout en écoutant notre conversation avec Victoire. Le petit dernier entre dans la salle commune comme un roi, la tête haute et son doudou sous le bras, suivi de près par sa mère, Aïcha.

« Je n’ai pas encore réussi à en parler au petit. Il voit toujours son père, je pense que c’est important. Mais je ne sais pas quoi lui dire. Il est déjà assez chamboulé par tous ces changements. »
Son histoire, comme celles de ses voisines de palier, est digne d’un film : après avoir déposé plainte pour harcèlement moral en février, « une violence particulièrement difficile à faire comprendre« , souligne-t-elle, elle décide de partir de leur appartement, une fois l’année scolaire finie. Aidée de 3 copines, elle récupère un maximum d’affaires et s’installe chez une amie qui l’hébergera avec ses enfants pendant un an. Mais son compagnon les retrouve et la harcèle en permanence. Elle doit fuir à nouveau. Elle est hébergée dans un centre d’urgence puis au centre Suzanne Képès : « Quand je suis arrivée dans ce centre spécialisé, je me suis sentie comme enfermée dans une nouvelle prison : l’entrée sécurisée, ne pas pouvoir recevoir d’amis, me choquaient. J’ai compris l’importance de ces mesures quand je me suis aperçue que je pouvais l’envoyer « bouler » sans avoir peur des représailles. » explique-t-elle. C’est à partir de ce moment-là qu’Aïcha a vraiment pu souffler. Son niveau de vie en a pris un coup : « Pendant plus d’un an, j’étais en mode survie, je n’avais qu’une chose à l’esprit : avec quoi j’allais faire manger mes enfants ?« . En effet, sa situation administrative de l’époque l’empêche de recevoir des aides. En dehors de toute prise en charge sociale, cette période a été particulièrement difficile. C’est avec l’aide de l’équipe éducative du centre qu’elle a pu clarifier la situation et engranger de nouveaux projet : un an et demi après son arrivée, Aïcha a entrepris une formation d’esthéticienne pour ouvrir son propre salon : « Maintenant, on est prêts à partir. Nous voulons laisser notre place à d’autres. »

Ce qu’elle voudrait dire aux femmes victimes de violence :
« Ce ne sont pas les mains-courantes qui vous mettent en sécurité et il faut savoir que la galère ne s’arrête pas en partant, surtout si l’on a des enfants. Si vous n’avez pas d’enfant, ne vous posez pas de question. Mais dans tous les cas, videz votre compte, faites le plein et partez ! »

 

La soirée se poursuit, nous lâchons nos calepins et partageons un délicieux repas avec une dizaine des 17 femmes hébergées au centre. Les sujets de conversation deviennent plus anodins et si l’on pouvait nous voir depuis la rue (ce n’est pas le cas, puisque les vitres sont sans tain) l’on croirait assister à une soirée entre copines. Nous finissons le dîner en riant, les enfants des unes et des autres chahutent dans le coin jeux. Lorsque nous partons, c’est avec le sentiment d’avoir partagé avec elles des choses importantes et d’être dépositaires d’un message essentiel : il existe un après. La vie sans violence ne va pas de soi mais elle est possible : il a été très difficile pour elles de retrouver un peu de sérénité, mais à les voir ensemble, souriantes et soudées, on se dit qu’elles ont eu raison de se battre.

 

 

Nadia, résidente à Magenta

Nadia a une trentaine d’années. Elle rentre tout juste de son travail et semble aussi épuisée par ces derniers mois de galère que déterminée à tourner la page.  

 Aurore Magenta

« Ici, je me sens protégée »

Nadia, arrivée en France il y a deux ans, est originaire d’Algérie. Depuis près de 3 mois, elle a trouvé refuge au sein du service Magenta d’Aurore où elle partage une chambre avec une autre résidente.  Depuis son arrivée, Nadia se reconstruit peu à peu après de longs mois d’errance, avec ce que cela comporte de vulnérabilité et d’isolement : «Ici je me sens bien, on est protégés. Et puis je retrouve la chaleur d’une famille, ce qui m’avait beaucoup manqué ».

Si le service Magenta, en sa qualité de centre d’hébergement d’urgence, fournit en premier lieu abri et nourriture aux résidents, sa vocation est également de permettre à ceux-ci de poursuivre leurs démarches de stabilisation respectives de manière plus sereine et encadrée. Ainsi, depuis son arrivée, Nadia mène de front formation qualifiante, recherche de logement et procédure de divorce : « Actuellement, je suis une formation d’aide éducatrice de jeunes enfants. Cette formation pour moi c’est mon avenir. Je travaille avec des enfants et il faut que j’ai l’air bien, souriante, et ici c’est plus facile. Je travaille, je suis payée, j’ai même des fiches de payes… Je suis stable ! Donc du côté professionnel ça avance, ça va beaucoup mieux. Et en parallèle je fais des recherches pour trouver un logement et un emploi stable, pour préparer « l’après » ».

 

« En France, tu n’es personne »

Pour Nadia, le basculement vers l’errance s’est déroulé en deux étapes. La première : le déracinement, géographique, social et culturel. En Algérie, Nadia était entourée, avait une bonne situation et exerçait comme comptable.  C’est son mariage avec un franco-algérien vivant en France qui l’a poussée à migrer : « J’ai quitté mon pays, mon travail et ma famille pour mon mari. Au départ, il était convenu que je reste vivre en Algérie et qu’il vienne me voir souvent, mais ensuite il m’a forcée à le rejoindre en France, où il travaille et a toute sa famille. »

Or, une fois arrivée en France, sa vie et son couple prennent une toute autre tournure : « A partir du moment où je suis venue en France, mon mari est devenu un autre homme. Il est devenu violent avec moi ». Et à la violence conjugale que subit Nadia s’ajoute la maltraitance de sa belle-mère : « En arrivant en France, je pensais que ma belle-mère me traiterait comme une de ses filles. Mais en fait elle m’a traité comme une esclave. Elle m’obligeait à venir chez elle tous les jours pour faire le ménage, elle ne me laissait pas sortir sans elle… et mon mari cautionnait tout ça ».

Privée de ses proches, maîtrisant mal le français, et n’ayant pas réussi à trouver d’emploi en France, Nadia se retrouve donc totalement isolée, à la merci de cette nouvelle « famille » qui le sait et en abuse, lui répétant sans cesse qu’en France, elle n’est personne et n’a aucun droit. Jusqu’au jour où, seulement 4 mois après son arrivée et suite à un nouveau déferlement de violence de son compagnon, Nadia appelle la police. Eloigné du domicile conjugal pour la nuit, le mari revient le lendemain et change les serrures de l’appartement pendant l’absence de Nadia. Ne figurant pas sur le bail, elle n’a dès lors plus jamais eu accès à ce logement, où sont restées toutes ses affaires.

 

« J’avais peur de la police, de tout le monde, j’étais désespérée »

La situation de Nadia devient alors extrêmement précaire, et ce à plusieurs niveaux.  Mise à la porte, ne connaissant quasiment personne en France, elle ne peut être hébergée par une connaissance et, pendant près d’un an et demi, son quotidien est donc rythmé entre allers et venues d’un centre d’hébergement à un autre. Malgré la gravité de sa situation, Nadia ne peut pas rentrer en Algérie : «Si je rentre je me retrouverai sans rien, j’ai quitté mon emploi et je ne pourrai pas le récupérer.  Mon père est simple retraité et a tous mes frères et sœurs, plus jeunes, à sa charge. Il ne pourra donc pas m’aider ». De plus, Nadia a placé ses économies dans l’achat conjoint d’un logement secondaire avec son mari. Mais, comme pour l’appartement, elle s’en voit refuser l’accès, n’apparaissant pas sur le bail : « Je lui donnais de l’argent quand je travaillais en Algérie. Mais comme il savait que je ne connaissais pas le droit français, il a pris mon argent pour acheter la maison à crédit et il a tout mis à son nom. Donc pendant que je me retrouve sans rien, lui a deux logements !».

Nadia est d’autant plus vulnérable que son mari entrave ses démarches de régularisation, débutées dès son arrivée en France, l’accusant auprès des autorités d’avoir volontairement déserté le domicile conjugal. C’est ainsi qu’une journée de mars 2013, Nadia reçoit une lettre d’injonction de quitter le territoire. Pendant près de 3 mois, elle se retrouve donc dans la clandestinité. Pour achever d’aggraver la situation, les seuls petits boulots que Nadia réussit à décrocher sont bien souvent source d’abus : « Je n’avais pas de réseau donc je ne trouvais que des boulots où j’étais exploitée.  Pour me payer à manger, je travaillais chez des gens comme baby-sitter, femme de ménage… Mais beaucoup ont profité de ma situation pour ne pas me payer, ou alors bien moins que ce qui était prévu». Finalement, et grâce aux diverses démarches entreprises, Nadia obtient enfin un titre de séjour d’un an : « Ils avaient suspendu la procédure à cause des dires de mon mari, mais l’ont reprise quand ils ont compris qu’il m’avait frappée et chassée de chez moi». S’en suit quelques courts mois de répits pour Nadia, qui est alors hébergée dans un hôtel social de la capitale.

Mais, en octobre dernier, et alors qu’elle vient tout juste de décrocher une formation qualifiante d’aide éducatrice de jeunes enfants, son contrat d’hébergement à l’hôtel prend fin, bien que l’hiver débute. S’en suivra donc un mois particulièrement difficile pour Nadia : ne disposant plus d’une domiciliation à Paris, son droit de formation est suspendu, tandis que toutes ses demandes d’hébergement d’urgence restent vaines : « J’ai appelé beaucoup de centres différents. Mais à chaque fois ils me disaient que c’était complet, et que vu que je n’avais pas d’enfants avec moi je n’étais pas prioritaire. ». Pendant un mois, et bien que très affaiblie par des mois de ballottements et d’angoisse, Nadia vit donc au jour le jour, profitant quand elle le peut de l’accueil de connaissances.

Finalement, et grâce à l’intervention d’une assistance sociale rencontrée par le biais de sa formation, le dossier de Nadia est communiqué à l’équipe de Magenta, qui en fera une de ses premières résidentes en novembre dernier.

 

L’arrivée de Nadia à Magenta sonne pour elle comme une renaissance, l’occasion de se construire une nouvelle vie en France. Ayant pu, grâce à son hébergement, reprendre une formation qui la comble, elle espère pouvoir décrocher emploi et logement d’ici le 31 mars, soit le terme de sa prise en charge par Magenta : « Je vais prouver que je veux travailler et que je mérite de rester en France ».

 

Tournoi de lancement du deuxième Championnat de l'Intégration et de la Solidarité

Après une très belle première saison, voici venue la nouvelle édition du Championnat de l’Intégration et de la Solidarité ! Pour célébrer comme il se devait cette seconde saison, un tournoi de lancement a été organisé le samedi 17 décembre à l’Urban Soccer d’Ivry-sur-Seine, qui accueillera, comme l’année dernière, le championnat.

 

2ème saison du Championnat de l'Intégration et de la Solidarité d'Aurore

 

Mis en place fin 2015, le Championnat de l’Intégration et de la Solidarité a pour vocation de réunir autour du ballon rond franciliens et personnes réfugiés hébergées, afin de permettre à celles-ci d’être en interaction avec leur nouvel environnement.

 

« Ce projet a du sens pour les personnes hébergées, ça leur permet de se distraire, de s’évader de leur quotidien pas toujours simple et de s’ouvrir sur l’extérieur. » expliquent ainsi Florent Bertinotti et Nathalie Avakian, fondateurs bénévoles du championnat. « Le football, c’est un prétexte. L’objectif est de leur permettre d’avoir une activité régulière, d’être au contact de l’autre. Certes, il y a la barrière de la langue, certains ne parlent pas français ou très peu, mais le foot est un langage universel. Lors de la première saison de ce championnat, il y a eu énormément d’échanges et nous repartions tous avec le sourire. C’est un cadre qui créé des liens et des opportunités. » 

 


© Xavier Elie

 

Après une première saison réussie, Aurore lance donc la deuxième édition du Championnat de l’intégration et de la Solidarité. Pour inaugurer cette reprise, un premier tournoi a eu lieu le samedi 17 décembre à l’UrbanSoccer d’Ivry-sur-Seine.

Khartoum SG, Espoir Loiret, JS Nanterre, Sapé comme jamais, Soccer Team, Les Scarabées, Solidarités M5, Les Grands Voisins, Widad Ivry, Les Dromadaires… 10 équipes mixtes de 5 joueurs – franciliens et personnes hébergées – se sont ainsi affrontées dans la joie et la bonne humeur, lors de 17 matchs simultanés. Une journée riche en rencontres qui s’est achevée sur la victoire finale de l’équipe Khartoum SG, en partie composée de résidents du centre d’hébergement d’urgence d’Aurore à Boulogne-Billancourt (92).

 

Francilien et amateurs de foot ?
Quel que soit votre niveau, Aurore vous invite à participer à cette 2ème saison du Championnat de l’Intégration et de la Solidarité, qui débutera le samedi 14 janvier à l’UrbanSoccer d’Ivry-sur-Seine.

Pour vous inscrire, merci de nous écrire à cette adresse : footsolidaire@aurore.asso.fr

 

En attendant, retrouvez quelques photos de la journée du 17 décembre :

 
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Eric Pliez introduit le tournoi

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Léon Gomberoff, Directeur des services EGO, cité dans VICE.com

Aurore dans VICE

 

 

Quelques semaines après l’ouverture d’une « salle de shoot » à Paris, VICE.com a interrogé Léon Gomberoff, Directeur des services CAARUD et CSAPA Ego d’Aurore, sur l’accompagnement des personnes psychoactives.

Le journal trimestriel mis en place par ces services, intitulé Alter-EGO, est d’ailleurs cité à plusieurs reprises.

 

Cliquez sur l’image pour accéder à l’article.

 

 

Aurore au colloque « Fragilités Interdites ? » : l’implication des Personnes accueillies

Les 26 et 27 novembre, Aurore participait au colloque « Fragilités Interdites ? » de L’Arche aux Docks de Paris.
Deux jours de conférences, tables rondes et ateliers interactifs auxquels l’association était conviée pour témoigner de son engagement pour l’implication des personnes accueillies, quelles que soient leurs fragilités.

 

Aurore au colloque "Fragilités Interdites ?"

 

Placer les personnes accueillies au cœur de nos actions

« Nous avons tous nos fragilités. Mais nous avons tous des ressources. Ce sont ces ressources qu’Aurore souhaite mettre en valeur avec les personnes qu’elle accueille. »

C’est par ces mots qu’Eric Pliez, Directeur général d’Aurore, a introduit son allocution lors du colloque de L’Arche, les 26 et 27 novembre. Soucieuse, comme d’autres associations, de placer les personnes accueillies au cœur de son action, Aurore était à ce titre invitée à témoigner de la manière dont elle met en oeuvre cette ambition.

Du Conseil de la vie sociale aux groupes d’expression, chaque service propose une forme de participation. Une dimension participative parfois même inscrite au cœur du fonctionnement du service : « C’est le cas des communautés thérapeutiques, dont le fonctionnement repose justement sur le principe de mobiliser les résidents sur leurs ressources. » a ainsi expliqué Eric Pliez au public. A la Communauté thérapeutique d’Aurore à Aubervilliers (93), les résidents – des personnes toxicomanes en sortie de cure et souhaitant poursuivre les soins pour consolider leur projet d’abstinence – sont ainsi partie intégrante de leurs parcours de soin, du processus thérapeutique et du fonctionnement du service.

« Ce mode d’accompagnement est inscrit dans la modernité, les communautés allant souvent plus loin en matière de participation des usagers que les obligations et recommandations émises par les pouvoirs publics. »

 

Fragilités et gouvernance

Aurore au colloque "Fragilités Interdites ?" Autre exemple de cette pro-activité au regard de la législation en vigueur : Aurore a choisi d’ouvrir son conseil d’administration à deux représentants des personnes accueillies.

Une démarche présentée à plus de 80 personnes – personnes accueillies, administrateurs, travailleurs sociaux, bénévoles… – lors des deux ateliers « Fragilités et gouvernance » animés par Claude Magdelonnette, Directeur du pôle Accueils santé précarité d’Aurore, et deux représentants des personnes accueillies par l’association.

Selon Claude Magdelonnette, les personnes présentes ont manifesté beaucoup d’intérêt et de curiosité pour cette volonté de consulter et de redonner du pouvoir d’agir aux personnes accueillies : « Leur représentativité au sein de notre conseil d’administration était notamment au cœur des échanges, peut-être aussi parce qu’il s’agit d’une démarche pro-active d’Aurore, rien ne nous y obligeait. » Mais exercer une citoyenneté au sein de l’association a une vraie dimension dans le travail de soin, sous toutes ses formes : « Le fait d’être partie prenante d’un Conseil de la vie sociale ou d’un groupe d’expression redonne du sens à la vie citoyenne des personnes. »

 

La culture, élément majeur d’expression et de cœxistence

Ces espaces d’expression et de citoyenneté pouvant aussi prendre la forme d’activités culturelles et artistiques, le Ferraillouz’band, créé au sein du Berceau d’Aurore, était également présent au colloque.

Situé à Reffannes, dans les Deux-Sèvres (79), le Foyer de vie Le Berceau accueille des adultes souffrant de troubles psychiques et de déficience intellectuelle, ainsi que de jeunes adultes autistes.

 

Le Ferraillouz'Band du Berceau d'Aurore

 
En 2004 se crée le Ferraillouz’band, groupe de percussion réunissant résidents et personnes extérieures au service. Pendant 4 ans, le collectif est ainsi amené à multiplier les représentations publiques, en France mais aussi en Pologne, et à produire un disque. Aujourd’hui, le Ferraillouz’band demeure, dorénavant composé de 9 résidents du Berceau et de professionnels des arts de la scène, qui ont mis au point un nouveau spectacle, « Explosion de couleurs ».

Le 26 novembre, pendant près de deux heures, le groupe a pu se produire, se présenter et échanger avec le public de l’atelier participatif « Découvrir ou expérimenter la fragilité ». Alain Salque, responsable du Berceau, raconte : « Avant la représentation, nous avons retracé l’histoire du groupe, pour permettre au public de ressentir et de partager la créativité qui a donné lieu à ce spectacle en l’expérimentant avec eux sur scène. C’était un moment d’échanges très riche. Pour moi, la culture est un élément majeur d’expression et de cœxistence. »

 

Le Feraillouz’Band en images 

 

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Journée de solidarité de Laguardère Travel Retail au centre d’hébergement La Rochefoucauld

Le 24 novembre, une cinquantaine de personnes armées de pinceaux, rouleaux et autres combinaisons de peinture investissaient le centre d’hébergement d’urgence La Rochefoucauld d’Aurore, dans le 14ème arrondissement de Paris : des salariés du groupe Laguardère Travel Retail venus relooker trois salles du CHU.

 

CHU La Rochefoucauld d'Aurore« Nous avions besoin de rafraîchir trois salles du site. J’ai donc contacté l’entreprise coopérative « ça me regarde », qui fait le lien entre les associations et les entreprises souhaitant impliquer leurs salariés dans des actions de solidarité. C’est suite à cela que les salariés de Laguardère Travel Retail sont venus au centre pour un chantier solidaire d’une journée.» raconte Wenjing Guo, reponsable du CHU d’Aurore, qui poursuit : « Nous avons choisi ensemble les peintures, et le jour J les volontaires ont amené tout le matériel nécessaire.»

Tout au long de la journée, les volontaires se sont ainsi appliqués à relooker le réfectoire, la salle commune, ainsi que la grande salle de réunion du centre. Un moment de cohésion et de partage entre collègues, mais également avec les personnes hébergées, qui étaient quelques unes à participer au chantier. Comme l’explique Wenjing Guo, « Il nous importait de les associer à cette démarche, de leur donner l’occasion de s’approprier les lieux. Certains s’étaient portés volontaires en amont, mais d’autres ont trouvé sympa de nous voir travailler ainsi et se sont joints à nous! »

Cette journée s’est achevée sur un moment d’échanges avec les volontaires. L’occasion pour Wenjing Guo de leur expliquer l’action globale d’Aurore, mais aussi le travail de l’équipe du centre d’hébergement, qui accueille des hommes demandeurs d’asile venus du Soudan, d’Érythrée, d’Afghanistan ou encore d’Ethiopie.
« Les volontaires ont semblé très touchés par cette journée, ils ont posé beaucoup de questions sur le parcours des résidents, leurs conditions d’arrivée et leurs perspectives d’avenir. L’une des salariés a d’ailleurs exprimé son envie de devenir bénévole au sein de la structure. » sourit Wenjing Guo.

Affaire à suivre !

 

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A écouter sur France Inter : les enfants de Magenta invité à un opéra

« La musique classique serait réservée à une élite ? Jérémie Rhorer ne partage pas cet avis. Pour le chef d’orchestre du « Cercle de l’Harmonie », il faut la rendre accessible à tous, dès le plus jeune âge.
Il accompagne donc une dizaine d’enfants venant de centres d’accueil d’urgence de deux associations, « Aurore » et « Emmaus ». Ces enfants de 4 à 9 ans ont assisté aux répétitions de Don Giovanni de Mozart que l’orchestre va proposer au théâtre des Champs Elysée, à partir du 5 décembre prochain.
 »

 

 

Colloque d'Aurore sur le vieillissement : restitutions et retour en images

Le 13 octobre 2016, le site des Grands Voisins accueillait le deuxième acte des « Angles morts de la solidarité » d’Aurore, cette fois consacré aux enjeux du vieillissement.

Plus de 400 personnes, partenaires, salariés, bénévoles et personnes accueillies d’Aurore, ont pu réfléchir ensemble à l’évolution du secteur social et médico-social face au vieillissement.

 


 

La journée s’est ouverte en plénière sur les interventions de nombreux partenaires, avant de poursuivre les échanges l’après-midi au sein de six ateliers thématiques.

 

Retrouvez ici la synthèse de ces échanges

Capture UNE Synthèse

 

Retour en images sur cette journée, qui s’est terminée en beauté avec un goûter (très) gourmand et un concert du Primavera Son :

 

Colloque d'Aurore sur le vieillissement
Colloque d'Aurore sur le vieillissement
Colloque d'Aurore sur le vieillissement
Colloque d'Aurore sur le vieillissement
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Colloque d'Aurore sur le vieillissement
Colloque d'Aurore sur le vieillissement
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Colloque d'Aurore sur le vieillissement
Colloque d'Aurore sur le vieillissement
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Photos : Laurent Zylberman / Graphix Images
 
 
 

En novembre et décembre, soirées gastronomiques à l'Epicerie Solidaire

Soirées du Plateau Technique à l'Epicerie Solidaire

Préparez vos papilles ! Le 24 novembre et le 22 décembre, l’Epicerie Solidaire vous ouvre ses portes pour deux soirées gastronomiques.
Venez donc déguster les bons petits plats préparés et servis par les jeunes du Plateau Technique « Métiers de la restauration » d’Aurore :

 

• Le 24/11 : formule entrée, plat, dessert à 15€ – hors boissons

• Le 22/12 : formule entrée, plat, fromages, dessert à 19€ – hors boissons

Moyens de paiement : espèces ou chèques

 
Vous êtes attendus pour 19h15 : il s’agit là d’entraînements pour les jeunes du Plateau technique, en vue de leur titre professionnel de « serveur en restauration », merci donc d’être ponctuels !

Réservation obligatoire

Veuillez contacter Olivier Orain :
01 41 58 16 52 / 06 31 13 31 58  o.orain@aurore.asso.fr

Webdoc de La Croix sur les Grands Voisins

Installée dès 2012 dans les locaux de l’ancien hôpital de Saint Vincent de Paul (Paris 14ème), Aurore y développe depuis 2015 un projet collectif de mixité sociale : les Grands Voisins.

(Re)Découvrez l’essence de ce village solidaire en plein cœur de Paris avec le webdocumentaire de La Croix.
 

 

Cliquez sur l’image pour accédez au webdoc

 
 
 
 

De Stalingrad à l'Ecole Centrale : Aurore toujours mobilisée auprès des demandeurs d'asile

Voilà maintenant plus d’une année qu’Aurore se mobilise pour l’accueil et la mise à l’abri des demandeurs d’asile. Ainsi, depuis juin 2015, l’association a ouvert 2 000 places d’hébergement consacrées.

Vendredi 4 novembre, jour du 141ème anniversaire de sa reconnaissance d’utilité publique, Aurore a une nouvelle fois répondu présent pour accueillir plus de 500 des 3 852 personnes évacuées du campement de Stalingrad, à Paris. Répartie dans trois centres ouverts par Aurore en région parisienne, une centaine de ces personnes a pu s’installer au sein du campus de l’Ecole Centrale de Paris.

 

Aurore accueille 500 demandeurs d'asile le 4 novembre

© Vice 

 

4 novembre 2016, 10 heures du matin. Deux bus se garent sur le parking du campus de la prestigieuse Ecole Centrale de Paris, à Châtenay-Malabry (92). A leur bord, 99 hommes tout juste évacués du campement du quartier Stalingrad. Soudanais, Érythréens, Somaliens ou Éthiopiens, ces hommes ont fui leur pays et demandent l’asile en France.

Ils font partie des 500 « campeurs » orientés vers les sites d’hébergement ouverts le matin-même par Aurore, à Issy-les-Moulineaux (92), Maurepas (78) et Châtenay-Malabry. Il s’agit avant tout d’une opération de mise à l’abri de ces personnes, le temps qu’elles soient réorientées vers des CAO (centre d’accueil et d’orientation), structures d’hébergement adaptées aux besoins des demandeurs d’asile.

 

Permettre un cadre de vie digne

Le campus de l’Ecole Centrale est un lieu plein de vie : en plus des locaux administratifs et d’enseignement, il comporte des laboratoires, des infrastructures sportives, un restaurant universitaire ainsi que de nombreux logements étudiants.

« Au départ, il était convenu que les 99 migrants évacués soient hébergés pour 15 jours dans le gymnase du campus. Mais nous avons finalement été autorisés à investir 3 des 4 derniers étages d’un bâtiment résidentiel. Devant être détruit dans un an, il n’est plus que très partiellement occupé », explique Elisa Terry, qui encadre ce dispositif d’Aurore. Un bâtiment déjà meublé et pourvu de chambres spacieuses, que les nouveaux arrivants ont pu investir par groupes de trois. « La direction de l’école nous a également permis d’ouvrir l’accès du restaurant universitaire aux personnes hébergées, avec le financement d’Aurore », poursuit la chef de service. Des conditions d’accueil optimales qui vont permettre à ces personnes, éprouvées par l’exil et la rue, de pouvoir procéder à leurs démarches de demandes d’asile dans un cadre de vie digne et reposant.

 

Une équipe Aurore présente 24h/24 

Aurore accueillie par l'Ecole CentralePour assurer l’accueil de ces 99 hommes orientés vers le site de Châtenay-Malabry, quinzaine de salariés d’Aurore s’étaient portés volontaires et avait quitté pour une journée leur poste habituel. « Des travailleurs sociaux, maîtres de maisons et agents hôteliers de services similaires s’étaient mobilisés pour mettre à profit l’expérience qu’ils ont pu développer ces derniers mois en termes d’accueil des demandeurs d’asile », indique Elisa Terry.

En attendant que l’équipe pérenne du site ne soit constituée (aujourd’hui chose faite), les salariés volontaires ont ainsi accueilli, informé et rassuré les personnes, qui se sont chacune vu attribuer un kit d’hygiène ainsi qu’une carte provisoire numérotée afin de pouvoir aller et venir sur le site. « Lors de l’étape d’enregistrement, nous avons constaté que si la plupart de ces hommes sont arrivés en France il y a très peu de temps, les deux tiers ont déjà entamé la procédure de demande d’asile, ce qui induit de nombreux rendez-vous et la nécessité de se déplacer ».

 

Un accueil chaleureux du campus

L’arrivée de ces demandeurs d’asile sur le campus de l’Ecole Centrale a été très bien acceptée, et l’heure est désormais à la mobilisation locale. Les centraliens, qui maîtrisent souvent l’anglais et parfois même l’arabe, ont la même tranche d’âge que la plupart des hommes hébergés et le vivre ensemble se fait très facilement : « Il y a une mobilisation énorme des étudiants, qui nous déposent des habits quasi quotidiennement. Quelques jours après notre arrivée, certains d’entre eux sont venus proposer un footing collectif aux résidents, c’était drôle de les voir courir tous ensemble », sourit Elisa Terry.

Un élan de solidarité dépassant néanmoins les âges et statuts : « Nous sommes vraiment soutenus par les acteurs du site. Le corps enseignant est lui aussi mobilisé : certains sont venus nous voir pour connaître nos besoins, notamment au niveau éducatif, et sont en train de réfléchir à la mise en place d’interventions type cours de français etc.  Nous avons également reçu la visite de plusieurs élus de la commune qui souhaitaient savoir comment contribuer à l’action du centre ». 

 

Comme l’explique Eric Pliez, Directeur général d’Aurore, cet accueil chaleureux a notamment été rendu possible par la dynamique de dialogue et d’ouverture amorcée par l’association : « L’équipe a reçu beaucoup de visites et va elle-même à la rencontre des personnes. Lors de l’ouverture d’un tel site, il est toujours important d’informer, de rassurer les acteurs impliqués : c’est pourquoi nous avons provoqué la rencontre entre centraliens et  demandeurs d’asile, afin qu’ils puissent échanger et créer des ponts. Si l’on adopte cette dynamique dès le début, il n’y a que des portes qui s’ouvrent. A l’inverse, refuser la transparence et l’ouverture, c’est créer de la frustration et du fantasme. »

 

Aujourd’hui, Aurore attend l’arrivée dans ces locaux de l’Ecole Centrale de familles elles aussi issues du campement de Stalingrad, tandis que la centaine d’hommes arrivée le 4 novembre a déjà pu être réorientée vers un CAO de province.